samedi 2 mai 2026 - 18:24
Ô Allah ! Prends de moi tout ce qui te prend de moi

Hawzah / Tant que les biens sont employés sur la voie de la satisfaction divine, ils sont beaux et précieux. Mais lorsqu'ils deviennent un instrument entre les mains de Satan, ils n'apportent qu'orgueil, rébellion et insouciance, et cela, selon la parole du saint Coran, n'est qu'une pure perte (khusrān).

L’Imam Sadjad (que la paix soit sur Lui), dans la trente-et-unième invocation du Sahifa Sadjadiyah, s'adresse ainsi à Allah Très-Haut : 

وَ ازْوِ عَنِّی مِنَ الْمَالِ مَا یُحْدِثُ لِی مَخِیلَةً أَوْ تَأَدِّیاً إِلَی بَغْیٍ أَوْ مَا أَتَعَقَّبُ مِنْهُ طُغْیَاناً.

Prends de moi ce bien qui me rendrait orgueilleux, ou me pousserait à l'injustice, ou me mènerait à la rébellion.

La culture de l'adoration est ce dont tout croyant doit se parer. Dans l'adoration de Allah Très-Haut, toute chose est belle tant qu'elle revêt la couleur et le parfum divins. Mais lorsqu'elle entraîne l'inattention et l'éloignement de l'homme envers l'Unique incomparable, elle est blâmable et doit être évitée de toute son être.

L'histoire des biens, de la richesse et, d'une manière générale, de tout ce que l'on possède dans ce bas-monde, est semblable. Tant que ces biens sont employés au service de la satisfaction divine, ils sont beaux et précieux. Mais lorsqu'ils deviennent un instrument entre les mains de Satan, ils n'apportent rien d'autre que l'orgueil, la rébellion et l'insouciance, ce qui est une pure perte (khusrān). C'est pourquoi Allah Très-Haut dit dans le noble Coran, sourate al-Monaféghoun (63), verset 9 : 

یَا أَیُّهَا الَّذِینَ آمَنُوا لَا تُلْهِکُمْ أَمْوَالُکُمْ وَلَا أَوْلَادُکُمْ عَنْ ذِکْرِ اللَّهِ وَمَنْ یَفْعَلْ ذَٰلِکَ فَأُولَٰئِکَ هُمُ الْخَاسِرُونَ.

Ô vous qui avez cru ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel d’Allah. Et quiconque fait cela... alors ceux-là seront les perdants.

L'histoire de Tha'labat ibn Hâtib al-Ansârî

L'histoire de Tha'labat peut être un bon exemple des propos exprimés plus haut.

Tha'laba était un homme pauvre qui ne possédait aucune richesse. Un jour, il dit au Prophète Mohammad (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui et sur sa famille) : Ô Messager d'Allah ! Invoque Allah pour moi, afin qu'Il m'accorde la richesse. Le noble Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui et sur sa famille) répondit : Ô Tha'laba ! La richesse que tu possèdes déjà, si tu t'efforces d'en acquitter l'action de grâces, est meilleure pour toi qu'une richesse dont tu ne pourrais supporter la responsabilité. Ne souhaites-tu pas prendre exemple sur la vie de ton Prophète ? Ô Tha'labat ! Par Allah, si Je le voulais, les montagnes se transformeraient en or et en argent pour Moi. Mais la meilleure vie est celle où règnent la chasteté et la suffisance, et le meilleur bien est celui dont l'homme peut acquitter l'action de grâces.

Tha'laba ne se contenta pas des paroles du Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui et sur sa famille) et insista pour que le Prophète invoque Allah en sa faveur. Il dit : Je jure par Celui qui t'a envoyé en tant que Messager, si l'on m'accorde la richesse, je m'acquitterai du droit de toute personne ayant un droit sur ma richesse.

Le Messager d'Allah (que la paix et le salut d'Allah soit sur Lui et sur Sa famille immaculée), face à l'insistance de Tha'laba, fit l'invocation. Après cette invocation, la situation matérielle de Tha'laba se transforma et sa richesse augmenta de jour en jour.

Au début, il acheta quelques moutons et se lança dans l'élevage. Avec le temps, ses biens prirent une telle ampleur que la ville de Médine devint incapable de répondre à ses besoins. C'est pourquoi il quitta la ville pour le désert et s'adonna à l'élevage là-bas. Il devint si absorbé par la gestion de ses affaires qu'en raison de son travail excessif, il fut privé de la prière du vendredi, de la prière en congrégation et de la visite du noble Prophète (que la paix et le salut d'Allah soit sur Lui et sur Sa famille immaculée).

Après la révélation du décret sur l'aumône obligatoire (zakât), sur l'ordre du Messager d'Allah (que la paix et le salut d'Allah soit sur Lui et sur Sa famille immaculée), les collecteurs de la zakât se rendirent chez Tha'labat et conformément au commandement d'Allah et de Son Messager (que la paix et le salut d'Allah soit sur Lui et sur Sa famille immaculée), lui réclamèrent la zakât. Mais il se montra avare et refusa de la donner, répondant :

« La zakât est comparable à l'impôt de capitation (jizya) que l'on perçoit des minorités religieuses. Ce programme est une injustice imposée à nous, les riches, et je me considère dispensé de payer de tels impôts ! »

Lorsque la nouvelle de son avarice parvint au noble Prophète Mohammad (que la paix et le salut d'Allah soit sur Lui et sur Sa famille immaculée), il dit par deux fois : Malheur à Tha'labat, malheur à Tha'labat.

C'est pourquoi il faut chercher refuge auprès de Allah contre toute richesse qui mène à l'orgueil et à la rébellion contre les ordres divins. Et c'est pourquoi, conformément à l'enseignement de l'Imam Sadjad (que la paix soit sur Lui), il faut demander à Allah Très-Haut de cette manière :

Ô Allah ! Prends de moi tout ce qui te prend de moi.

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